Jour de printemps
Effets de coeur
L'un se jette
L'autre se mange
L'un te brise
L'autre fond
L'un roule mais n'amasse
L'autre se ramasse
C'en est assez
Entre les deux
Mon coeur balance
L'un finira dans mon assiette
L'autre, il serait bien que je le range
A moins qu'au bout d'un beau lacet
Il n'aille sautiller
Sur ma chemise
Tout contre le mien
qui n'y peut rien
De battre en rond
Et quand j'y pense
Mon coeur balance
Sur la rive hier sacrifiée
Encore et toujours
Avant que ne se referme notre histoire
Faudra-t-il que je me reproche
Notre indifférence et à jamais
Seule de ne pas t'avoir même embrassé
Ni le moindre bouquet de pensées
Après tant d'années
De lassitude fraternelle.
Faut-il que notre orgueil soit si fort
Qu'il nous pousse à oublier nos frères
Aujourd'hui cette chanson
Est venue te rappeler
Jamais nous n'avions été si proches
Finalement
Le reste est vain
Est-il vrai que tu ne m'attendais plus
Balade du vieux pelargonium
Premier soleil de l'année
L'ombre des pots d'aromatiques
Se donne des allures de portiques
Sous l'œil italique des chats
Gravés au grand soleil ivre.
Ton âme s'étire
Dans la véranda antique
Tu comptes les boutures qu'il te reste
Retires les feuilles mortes
Soulignes un arrondi
Raccourci une tige
Houspilles les araignées et
Racontes au vieux pelargonium
Dans l'odeur glacée de ses feuilles aimenthées
Comment c'était le givre
Et les bambous quand il vente
Le froid sur tes joues
Jusqu'au bout de tes doigts
L'automne parti trop tôt
L'hiver qui attendait
Ce dernier frère qu'on t'a volé
Pour toujours et à jamais.
Et chaque feuille que tu froisses
Efface un peu plus l'impasse
De son absence.
C'est juste un peu de menthe
Au creux de mes poignets
Deux ou trois feuilles que j'ai froissées
Et puis je les ferai sécher
Au fond de mes tiroirs
De mes placards, de mes grimoires
Chasser janvier en soirs d'été
Sur la terrasse
Réchauffée
L'etourdie
C'est le gros chagrin de la fille
Qui pleure de n'avoir pas fait signe
A son gamin derrière la grille.
Elle le lui avait promis pourtant
Mais il y a toujours quelque passant
Pour la happer. Et puis
Elle en oublie, juste une seconde, de relever son front au firmament
Ou l'attend sagement
Celui à qui elle avait dit qu'elle attendrait
Ton passage
Toute ma vie
Par delà la grille
Je guetterai
Le signe de
Ta main
Au bout de ton bras
Qui se balance
Comme
L'infini métronome de mon cœur.
Alors toute la journée
Elle n'attendra que
Toi.
Dans la brume givrée le train dessinera
Des arbres et des champs qui porteront ton nom
Mon corps désarçonné se cognera cent fois
Au mur de mes remords.
M
Sans
Même les regarder.
Noël dévoile ses déluges de neige
Sous tes cils impassibles
Dans les rues, les étoiles guettent
Tes yeux verts où scintillent
Leurs rêves de givre
Le poids cendré des ramures
Tu n’as que trop vacillé
Reprends ton souffle éternelle flamme
Cours sous la neige, inflexible
Redresse-toi au coeur des matins blancs
A leurs fêlures tendres
Afin que ton corps fort et fragile
Encore et toujours
Retrouve son armure
Le Grand Canyon
J’ai bien cherché entre deux terres
Traces de vie et de lumière
Point n’ai trouvé d’autre hémisphère
Que celui où nous attendait
Comme une entaille dans la terre
Un grand canyon empoussiéré
Où traînaient deux ou trois regrets.
Mais c'est assez.
Et nous rejoignent par dessus-toit
Dis-moi qu’on se retrouvera là-bas
Dans un déluge anamorphique.
Le seul refuge que j'ai trouvé
Au ciel ouvert de mes soupirs
Pour un ultime
Rendez-vous
Rayon de poussière
Ce soir vous embarquerez votre train plus tard
C'est comme ça
On ne choisit pas
Vous ne verrez pas
Vos amis de rail
Demain, sans doute vous demanderont-ils où vous étiez passée,
Vous leur répondrez que vous étiez allée vous rouler dans la poussière minérale des derniers rayons de soleil, un soir d'octobre.
Mais ce soir, vous vous laissez aller au train qui défile votre journée sans dévoiler le moindre mot
et c'est tant mieux : vous n'avez plus de voix
Comme il se doit
A cette époque-ci de l'année
Tara, ma chère, soigner ses cordes vocales
c'est tout un art
Je sais ...
Ce soir vous êtes seule dans le train et la terre des champs s'ambre de sépia
Sous vos yeux cernés par les champs vert et noir
Votre part d'ombre rampe dans le ciel qui s'enflamme
De pourpre
Et de satin
As-tu déjà remarqué comme le ciel redevient bleu, juste après que le soleil n'ait basculé ? Ce soir vous laisseriez bien le train ne pas s'arrêter, aller jusqu'au bout du couchant avec vous.
Sur le quai vous croiserez votre voisine : Tiens, mais tu étais là ! Euh ... non, pas vraiment ... Ce soir une part de vous plonge dans le ciel rose cerisier, sur le mur de briques de la gare, rouge d'émoi, la poussière vous plaque au couchant.
Vous parlerez longtemps dans le vent grelottant
Il faudra vraiment que vous retrouviez cette chanson et l'émotion intacte qu'elle véhicule encore
Yeah,
Give me a reason to love you,
Give me a reason to be,
A woman,
I just want to be a woman.
So don't you stop, being a man,
Just take a little look from our side when you can,
Sow a little tenderness,
No matter if you cry.
Glory Box, Portishead
Envolées nocturnes
Vois-tu ?!
Les chauve-souris sont revenues
Trois ce soir dans ma cour
A l'heure de l'ombra
Dans le ciel indigo
Juste avant que la nuit ne bascule
Sous le ventre rond de Jeannette
Aux yeux jaunes perdus de fourrure noire
Trois sœurs dont le ballet me tourne
Racoleuses de moustiques
Electriques et vibrantes :
Nocturne promenade
Passeggieta
Moi, dans ma cour hébétée
Je les regarde épingler
Mes rêves translucides
Dans l'œil émietté d'un grand ciel étoilé
ça ronronne, ça chuchotte, ça grignote dans la presque chaleur de cet entre deux-jours
Demain je passe vous voir et réponds à vous toutes. Aussi, Recettes de confitures et récup'attitude. Stand by bloggesque dont il est temps que je sorte ...
A bientôt, sur ma planète
Ballade orangée
Une place au soleil, sur la Place du Marché
Tu ne sais pas pourquoi tu es là
Mais tu sais que tu es bien
Au milieu des passants,
Entre deux étals de fruits
Trois de légumes
Tu dores sous le soleil frileux d’avril
Ça sent bon la rose et la cannelle
Le lys et la rosée.
Qui passe et repasse devant toi
Et te dévisage, rêveuse
Regard légèrement plissé
Tu aimerais bien savoir ce qu’elle a dans la tête
Tu le sauras bientôt :
Deux ou trois paroles échangées
Elle pose un instant sa tête frêle entre tes bras
Puis t’emporte à l’autre bout de son monde
Lissé
Entre le lys et la rosée
Bras dessus, bras dessous dans les rues ruisselantes
Que c’est bon de se dire que je pars avec toi
Pour toujours et
A jamais
Nos deux cœurs, vissés
Course à la montre en marche saccadée
Oh ! mais dis-moi que tu es bien pressée
Ta journée n’est pas encore achevée
Entre un vieux radiateur et le standard de ta boîte
Jusqu’aux vêpres
J’attendrai
Craintif, impatient
Abandonné
Jusqu'à toi, hissé
Tes blanches ailes dans le dos
Je les entends se déployer
Dessus le monde et ma solitude
Envolée
A coups de phrases syncopées
Ce soir, jusque chez toi suivre
Le chemin des écoliers
Entre tes bras survivre
Aux terreurs passées
Un oranger du Mexique ça n’est pas fait pour vivre seul
Chaque fois que tu les balanceras, moi je distillerai pour toi, pour eux
Et tes pruniers mes senteurs délicées,
Venues du cœur blanc de mes fleurs
Jusqu’aux sentiers abandonnés
Où tu distilles tes pensées
Sauvages et
Calicées





