mercredi 30 novembre

Jour de printemps

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Aujourd’hui j’ai désherbé
 
Le petit jardin,
 
Recousu le bouton,
 
De cette veste de lin
 
Que tu as oubliée
 
L'an dernier.
 
Et même lavé
 
Les rideaux blancs.
 
C'est vrai. On ne sait jamais
 
Ils sont déjà en train de sécher
 
Sur la rembarde de l'escalier
 
Je pourrai peut-être même les accrocher
 
Dans dix ans
 
Par un beau matin,
 
De printemps
 
 

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samedi 01 octobre

Effets de coeur

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L'un se jette

L'autre se mange

L'un te brise

L'autre fond

L'un roule mais n'amasse

L'autre se ramasse

C'en est assez

Entre les deux

Mon coeur balance

L'un finira dans mon assiette

L'autre, il serait bien que je le range

A moins qu'au bout d'un beau lacet

Il n'aille sautiller 

Sur ma chemise

Tout contre le mien

qui n'y peut rien

De battre en rond

Et quand j'y pense

Mon coeur balance

 

 

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jeudi 26 mai

Sur la rive hier sacrifiée

Encore et toujours

Avant que ne se referme notre histoire

Faudra-t-il que je me reproche

Notre indifférence et à jamais

Seule de ne pas t'avoir même embrassé

Ni le moindre bouquet de pensées

Après tant d'années

De lassitude fraternelle.

Faut-il que notre orgueil soit si fort

Qu'il nous pousse à oublier nos frères

Aujourd'hui cette chanson

Est venue te rappeler

Jamais nous n'avions été si proches

Finalement

Le reste est vain

Est-il vrai que tu ne m'attendais plus

 

Posté par tarabiscotta à 23:08 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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dimanche 16 janvier

Balade du vieux pelargonium

Premier soleil de l'année

L'ombre des pots d'aromatiques

Se donne des allures de portiques

Sous l'œil italique des chats

Gravés au grand soleil ivre.

Ton âme s'étire

Dans la véranda antique

Tu comptes les boutures qu'il te reste

Retires les feuilles mortes

Soulignes un arrondi

Raccourci une tige

Houspilles les araignées et

Racontes au vieux pelargonium

Dans l'odeur glacée de ses feuilles aimenthées

Comment c'était le givre

Et les bambous quand il vente

Le froid sur tes joues

Jusqu'au bout de tes doigts

L'automne parti trop tôt

L'hiver qui attendait

Ce dernier frère qu'on t'a volé

Pour toujours et à jamais.

Et chaque feuille que tu froisses

Efface un peu plus l'impasse

De son absence.

C'est juste un peu de menthe

Au creux de mes poignets

Deux ou trois feuilles que j'ai froissées

Et puis je les ferai sécher

Au fond de mes tiroirs

De mes placards, de mes grimoires

Chasser janvier en soirs d'été

Sur la terrasse

Réchauffée

Posté par tarabiscotta à 18:46 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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vendredi 29 janvier

L'etourdie

C'est le gros chagrin de la fille

Qui pleure de n'avoir pas fait signe

A son gamin derrière la grille.

Elle le lui avait promis pourtant

Mais il y a toujours quelque passant

Pour la happer. Et puis

Elle en oublie, juste une seconde, de relever son front au firmament

Ou l'attend sagement

Celui à qui elle avait dit qu'elle attendrait

Ton passage

Toute ma vie

Par delà la grille

Je guetterai

Le signe de

Ta main

Au bout de ton bras

Qui se balance

Comme

L'infini métronome de mon cœur.

Alors toute la journée

Elle n'attendra que

Toi.

Dans la brume givrée le train dessinera

Des arbres et des champs qui porteront ton nom

Mon corps désarçonné se cognera cent fois

Au mur de mes remords.

Posté par tarabiscotta à 22:07 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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mardi 22 décembre

M

 

Tu passes sous les guirlandes électriques

Sans

Même les regarder.

Noël dévoile ses déluges de neige

Sous tes cils impassibles

 

Dans les rues, les étoiles guettent

Tes yeux verts où scintillent

Leurs rêves de givre

Le poids cendré des ramures

 

Tu n’as que trop vacillé

Reprends ton souffle éternelle flamme

Cours sous la neige, inflexible

 

Redresse-toi au coeur des matins blancs

A leurs fêlures tendres

Afin que ton corps fort et fragile

 

Encore et toujours

 

Retrouve son armure

 

 

Posté par tarabiscotta à 10:50 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
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vendredi 30 octobre

Le Grand Canyon

J’ai bien cherché entre deux terres

Traces de vie et de lumière

Point n’ai trouvé d’autre hémisphère

Que celui où nous attendait

Comme une entaille dans la terre

Un grand canyon empoussiéré

Où traînaient deux ou trois regrets.

Mais c'est assez.

Si les eaux montent un jour sur toi, sur moi

Et nous rejoignent par dessus-toit

Dis-moi qu’on se retrouvera là-bas

Avant que tout ne disparaisse

Dans un déluge anamorphique.

Le seul refuge que j'ai trouvé

Au ciel ouvert de mes soupirs

Pour un ultime

Rendez-vous

Posté par tarabiscotta à 10:58 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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lundi 12 octobre

Rayon de poussière

Ce soir vous embarquerez votre train plus tard
C'est comme ça
On ne choisit pas
Vous ne verrez pas
Vos amis de rail
Demain, sans doute vous demanderont-ils où vous étiez passée,
Vous leur répondrez que vous étiez allée vous rouler dans la poussière minérale des derniers rayons de soleil, un soir d'octobre.

Mais ce soir, vous vous laissez aller au train qui défile votre journée sans dévoiler le moindre mot
et c'est tant mieux : vous n'avez plus de voix
Comme il se doit
A cette époque-ci de l'année

Tara, ma chère, soigner ses cordes vocales
c'est tout un art
Je sais ...

Ce soir vous êtes seule dans le train et la terre des champs s'ambre de sépia
Sous vos yeux cernés par les champs vert et noir
Votre part d'ombre rampe dans le ciel qui s'enflamme
De pourpre
Et de satin

As-tu déjà remarqué comme le ciel redevient bleu, juste après que le soleil n'ait basculé ? Ce soir vous laisseriez bien le train ne pas s'arrêter, aller jusqu'au bout du couchant avec vous.

Sur le quai vous croiserez votre voisine : Tiens, mais tu étais là ! Euh ... non, pas vraiment ... Ce soir une part de vous plonge dans le ciel rose cerisier, sur le mur de briques de la gare, rouge d'émoi, la poussière vous plaque au couchant.

Vous parlerez longtemps dans le vent grelottant

Il faudra vraiment que vous retrouviez cette chanson et l'émotion intacte qu'elle véhicule encore

Yeah,
Give me a reason to love you,
Give me a reason to be,
A woman,
I just want to be a woman.

So don't you stop, being a man,
Just take a little look from our side when you can,
Sow a little tenderness,
No matter if you cry.

Glory Box, Portishead

Posté par tarabiscotta à 22:15 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
mercredi 22 avril

Envolées nocturnes

Vois-tu ?!
Les chauve-souris sont revenues
Trois ce soir dans ma cour
A l'heure de l'ombra
Dans le ciel indigo
Juste avant que la nuit ne bascule
Sous le ventre rond de Jeannette
Aux yeux jaunes perdus de fourrure noire

Trois sœurs dont le ballet me tourne
Racoleuses de moustiques
Electriques et vibrantes :
Nocturne promenade
Passeggieta

Moi, dans ma cour hébétée
Je les regarde épingler
Mes rêves translucides
Dans l'œil émietté d'un grand ciel étoilé
ça ronronne, ça chuchotte, ça grignote dans la presque chaleur de cet entre deux-jours

Demain je passe vous voir et réponds à vous toutes. Aussi, Recettes de confitures et récup'attitude. Stand by bloggesque dont il est temps que je sorte ...

A bientôt, sur ma planète

Posté par tarabiscotta à 21:53 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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vendredi 17 avril

Ballade orangée

Une place au soleil, sur la Place du Marché

Tu ne sais pas pourquoi tu es là

Mais tu sais que tu es bien

Au milieu des passants,

Entre deux étals de fruits

Trois de légumes

Tu dores sous le soleil frileux d’avril

Ça sent bon la rose et la cannelle

Le lys et la rosée.

Il y a cette fille un peu myope

Qui passe et repasse devant toi

Et te dévisage, rêveuse

Regard légèrement  plissé

 

Tu aimerais bien savoir ce qu’elle a dans la tête

Tu le sauras bientôt :

Deux ou trois paroles échangées

Elle pose un instant sa tête frêle entre tes bras

Puis t’emporte à l’autre bout de son monde

Lissé

Entre le lys et la rosée

Ah que c’est bon tu sais de marcher avec toi

Bras dessus, bras dessous dans les rues ruisselantes

Que c’est bon de se dire que je pars avec toi

Pour toujours et

A jamais

Nos deux cœurs, vissés

Course à la montre en marche saccadée

Oh ! mais dis-moi que tu es bien pressée

Ta journée n’est pas encore achevée

Entre un vieux radiateur et le standard de ta boîte

Jusqu’aux vêpres

J’attendrai

Craintif, impatient

Abandonné

Jusqu'à toi, hissé

Ton retour espéré.

Tes blanches ailes dans le dos

Je les entends se déployer

Dessus le monde et ma solitude

Envolée

A coups de phrases syncopées

 

Ce soir, jusque chez toi suivre

Le chemin des écoliers

Entre tes bras survivre

Aux terreurs passées

Elle m’a planté là près de la balançoire des enfants

Un oranger du Mexique ça n’est pas fait pour vivre seul

Chaque fois que tu les balanceras, moi je distillerai pour toi, pour eux

Et tes pruniers mes senteurs délicées,

Venues du cœur blanc de mes fleurs

Jusqu’aux sentiers abandonnés

Où tu distilles tes pensées

Sauvages et

Calicées

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Posté par tarabiscotta à 20:40 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
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